Les rongeurs aquatiques

Deux espèces sont concernées : le ragondin et le rat musqué

Selon l’arrêté interministériel du 6/04/07, les ragondins et les rats musqués sont des animaux nuisibles et de lutte obligatoire au titre de la protection des végétaux. Ces espèces introduites au siècle dernier ont un impact sur les écosystèmes, les productions végétales, les ouvrages hydrauliques et la santé publique (transmission de maladies comme la leptospirose).

Le ragondin (Myocastor coypus)

Gros rongeur originaire d’Amérique du Sud, il fut introduit en France dès la fin du 19ème siècle pour sa fourrure.
Bien adapté à la vie aquatique, il a un habitat très diversifié : marais, bords de rivières, étangs, lagunes d’épuration, digues…
On en a même vu s’installer dans la piscine d’une villa nantaise !
Herbivore peu sélectif, il consomme naturellement une grande variété d'espèces végétales et sa taille imposante induit des besoins nutritionnels élevés (40 % du poids de l'animal, soit 1,2 à 2,5 kg pour un ragondin adulte).
Selon la nature de son habitat, il creuse un terrier dans la berge ou constitue un nid dans la végétation aquatique.
Animal très prolifique, un couple peut engendrer 90 descendants en 2 ans.

Zoomragondins

Le rat musqué (Ondatra zibethicus)

Zoomrat musqué

Introduit du Canada pour sa fourrure, il est présent en France depuis 1925.
Il construit deux types d’abris différents : un terrier aux entrées immergées ou une hutte constituée de roseaux et autres plantes aquatiques (un mètre de haut, un à deux mètres de diamètre) qu’il occupe généralement pendant l’hiver.
Sa nourriture est composée principalement de végétaux, occasionnellement de crustacés et de mollusques.
Entre mai et octobre, la femelle donne naissance à trois portées de 5 à 9 jeunes qui atteindront leur maturité sexuelle entre 3 et 5 mois, âge auquel ils quittent le nid familial.
 

Les dégâts causés par les ragondins et rats musqués

Impacts sur l'hydraulique et les structures

terriers sur une berge


Effondrement des berges et affaiblissement des digues, piles de ponts et ouvrages, amplifiés par les phénomènes d’érosion.

Envasement consécutif au déblai des terriers qui accélère le rythme des curages et recalibrages.

Impacts sur l'agriculture

Attaques aux cultures (maïs, jeunes plantations de peupliers...).

Effondrement des berges qui crée un risque de renversement des engins agricoles et de blessures chez l’homme ou le bétail.

Transmission de maladies au bétail : leptospirose, grande douve.

dégâts sur maïs

Impacts sur l’environnement

hutte de rat musqué



Diminution importante du couvert végétal en zone humide.

Modification de l'équilibre biologique des écosystèmes.

Impacts sur la santé publique


Contamination des eaux douces par l’urine et les excréments des rongeurs.

Risque de transmission à l’homme de maladies telles que la leptospirose, dans certains cas mortelle.

Le cadre réglementaire des luttes collectives

Pour faire face à la prolifération des ragondins et des rats musqués et tenter de limiter leurs impacts, le législateur a classé ces rongeurs comme nuisibles et déclaré leur lutte obligatoire au titre de la protection des végétaux sur bon nombre de départements (Arrêté interministériel du 6 avril 2007).

C'est effectivement le cas en Loire Atlantique, étant donnée la surface importante des zones humides.

Les actions de la FDGDON 44

La réglementation (arrêté interministériel précité transcrit en arrêté préfectoral annuel) nous confie l'organisation de la surveillance de l'évolution des populations de rongeurs aquatiques nuisibles, ainsi que la conduite de campagnes de lutte adaptées.

Depuis 2006, les seules méthodes de régulation autorisées sont le piégeage et le tir au fusil.
Le piégeage est effectué uniquement à l'aide de cages-pièges permettant de libérer les espèces non ciblées.

La surveillance de l'évolution des populations

point de contrôle sur la Goulaine

L'arrêté préfectoral rend obligatoire, en préalable à toute lutte, un suivi de l'évolution des populations de ragondins et rats musqués.

Ce suivi est destiné à mesurer, de façon simple, l'évolution des dynamiques de population de rongeurs aquatiques nuisibles, deux fois par an, en différents points d'un bassin versant.

L'analyse des résultats se fait par voie comparative dans l'espace et dans le temps, les chiffres obtenus étant reliés aux différentes évènements intervenus sur le secteur (aléas climatiques, niveaux d'eau, ...).

Les luttes intensives

A la demande du Conseil Général, de mairies, de syndicats de rivières, de gestionnaires de sites de lagunage, la FDGDON 44 intervient directement sur les cours d'eaux ou étangs pour des opérations de lutte intensive.

105 kilomètres de rivières ont ainsi été couverts en 2010, ce qui équivaut à la pose de 2100 cages.

lutte intensive sur la Goulaine

Le réseau permanent de piégeurs bénévoles

dispositif de piégeage


Base essentielle du dispositif, le réseau de piégeurs bénévoles s'étend sur 190 des 221 communes du département.

Le schéma de lutte s'organise à l'échelle communale avec des bénévoles encadrés techniquement et administrativement par la FDGDON 44.
Les piégeurs bénéficient d'une prime à la capture par animal piégé financée par les communes ou syndicats de rivière.

S'agissant d'une lutte au titre de la protection des végétaux, l'agrément de piégeur n'est pas nécessaire. Il faut cependant s'inscrire en mairie sur une liste jointe à l'arrêté municipal encadrant cette lutte.

Les cages-pièges (qui permettent de libérer les espèces non ciblées) sont le plus souvent mises à disposition par les collectivités.

Les opérations collectives par tir au fusil

Organisées sur les bassins versants de la Loire, de Brière et de Grandlieu, en étroite collaboration avec la Fédération des Chasseurs et les sociétés de chasse locales, ces opérations s'appuient également sur des acteurs bénévoles communaux, encouragés par une prime financée par la commune.

Le rôle de la FDGDON 44 est, là aussi, de coordonner les actions de lutte collective et d'encadrer les différents intervenants.